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L'oeuvre de Gail Scott a été l'une des premières oeuvres de langue anglaise produite au Québec à être considérée comme québécoise par la critique (voir Biron et al. 2007). L'écrivaine elle-même s'est décrite comme «anglo-québécoise» (Leith 1989/90; Scott 1998). Elle entretien des liens de collaboration avec le milieu littéraire franco-québécois et ses trois premiers romans ont tous été traduits vers le français, le premier tôt après sa parution en langue anglaise (Scott 1987 et Lotbinière-Harwood 1988; Scott 1993 et Noyart 1998; Scott 1999 et Mazzieri 2010). Si, comme le fait valoir Sherry Simon (2004, 5), c'est « du moment qu’elle est traduite en français» que la littérature anglo-québécoise fonctionne «dans le giron de la littérature québécoise », on peut supposer que sa traduction a joué un rôle dans la « québécisation » de l'oeuvre scottienne. Or, des traductions publiées, seule celle du premier roman adopte une démarche volontairement québécisante; et aucune d'elles ne met de l'avant les aspects de l'oeuvre qui ont retenu l'attention des québécistes (ni d'ailleurs des traductologues). Ma conférence explorera cet écart entre les traductions et le discours critique. Elle se penchera sur les tensions qu'il révèle tant entre différentes conceptions de la littérature québécoise qu'entre différentes conceptions du rôle de la traduction.  
 Catherine Leclerc est professeure au département de langue et littérature françaises de l'Université McGill. Elle s'intéresse à la littérature anglo-québécoise dans une perspective traductologique depuis ses études doctorales, dans le cadre de réflexions sur le plurilinguisme littéraire et la traduction de ce plurilinguisme. En 2005, elle dirigeait le premier dossier de la revue Voix et images à porter sur la littérature anglo-québécoise. En 2013, elle faisait paraître dans Journal of Canadian Studies un article analysant les traductions françaises des romans de Gail Scott. Son étude Des langues en partage? Cohabitation du français et de l’anglais en littérature contemporaine (XYZ, 2010) lui a valu le prix Gabrielle-Roy 2010 de l’Association des littératures canadiennes et québécoise. Pour ce même ouvrage, elle était également finaliste des prix littéraires du Gouverneur général du Canada en 2011.

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