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Depuis toujours les contextes multilingues sont le lieu de contacts interculturels intensifiés. Des processus de transfert complexes et multiformes portent le poids d’un territoire et d’une histoire partagés mais également disputés. A l’intérieur de cet espace (citadin, régional, national) multilingue souvent conflictuel, les activités complexes de transfert sont incarnés par les médiateurs interculturels. Développant un large éventail d’activités de transfert, ceux-ci sont, beaucoup plus que les figures canonisées par l’histoire littéraire et culturelle monolingue traditionnelle, les véritables architectes de cette histoire. Pourtant leur profil et leurs fonctions restent largement inexplorés.

Comment la rencontre quotidienne des langues et cultures en contexte multilingue prend-elle forme et sens dans les activités de transfert de médiateurs actifs en Flandre au début du 20e siècle? Loin de se limiter à une seule forme de médiation culturelle, ils développaient un éventail de techniques de transfert discursives : traduction, auto-traduction, écriture plurilingue, adaptation, résumé, plagiat, … Ils étaient en outre actifs dans une variété de réseaux interculturels, inter-artistiques plus ou moins institutionnalisés: correspondance, comités éditoriaux, salons, académies littéraires, artistiques, musicales, ... Quelles étaient les fonctions et les effets de toutes ces activités sur les relations entre les communautés qu’elles représentaient ?

D’un point de vue conceptuel, il s’agira d’illustrer comment les pratiques de transfert littéraires brouillent les frontières entre écrire et traduire, donnant lieu à de nouvelles formes d’ « écriture traductionnelle » (Simon 2012, 8) et mettant à l’épreuve les limites de l’expression littéraire et traductionnelle. En littérature, plus que dans d’autres domaines, le choix d’une langue, l’hétérolinguisme, l’auto-traduction, la traduction, etc. reflètent des forces sociales, historiques et idéologiques antagonistes et compétitives. Ils sont liés à l’identité, la mémoire, l’affection mais aussi au conflit et à la friction. L’étude des médiateurs interculturels invitera en outre de redéfinir la traduction, de repenser les relations entre transfert et traduction (D’hulst 2012), ainsi que les relations entre les concepts d’auteur et de traducteur.

Références :

D’hulst, Lieven. 2012. “(Re)locating Translation History: From Assumed Translation to Assumed Transfer.” Translation Studies 5 (2): 139–155.

Simon, Sherry. 2012. Cities in Translation. Intersections of Language and Memory. New York: Routledge.

Note : Le voyage de la professeure Meylaerts à Montréal a été rendu possible grâce à l'Association étudiante des cycles supérieurs en traduction du Département d'études françaises de l'Université Concordia.

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