La Galerie de l’UQAM présente l’exposition Pool of Plenty de Michelle Bui, finissante à la maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM. L’artiste y propose une redécouverte d’objets, matériaux, aliments et végétaux qui nous entourent. Par un procédé de sélection, d’assemblage puis de capture photographique, Bui dévoile leur fragilité, leur malléabilité et leurs qualités esthétiques. En résulte une réflexion sur les intersections entre culture matérielle, publicité, désir et identité.

Michelle Bui s’intéresse à la relation ténue, parfois difficile, mais toujours symbiotique entre culture et commerce. Désormais omniprésente dans notre expérience visuelle, cette relation s’incarne de manière prépondérante dans notre rapport à la culture matérielle. Les objets accumulés et consommés, tant par un individu que par une société, véhiculent énormément d'informations liées à notre identité. Selon Bui, la conscience identitaire, généralement structurée par le langage, peut également être articulée par ces éléments qui nous entourent. Les qualités esthétiques, expressives et symboliques ainsi que la matérialité des objets choisis permettent à l’artiste d’examiner l’intime. Dans le cadre d’une démarche où elle acquiert, possède, présente et parfois fabrique des objets variés, Michelle Bui entrevoit l’arrangement et la construction de ces marchandises comme manières de provoquer des tensions et des glissements qui transgressent le statut de l’objet.

L’exposition Pool of Plenty rassemble des œuvres photographiques qui tapissent les murs de la galerie telles des affiches publicitaires. Utilisant avec aisance le langage ornemental et décoratif du domaine de la publicité, Michelle Bui surpasse le spectacle visuel et s’engage dans un travail qui aiguise aussi le sens du toucher et de l’odorat. Sélectionnés autant pour leurs qualités visuelles que haptiques, matériaux et objets sont assemblés sous forme photographique et sculpturale de manière à séduire le spectateur, à le transporter vers un lieu légèrement décalé, subtilement pervers. Ce déplacement répond au désir de l’artiste de matérialiser des envies, d’en faire naître par l’objet, de séduire par le viscéral et de confronter par la surface.

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