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DS-2950
320, rue Sainte-Catherine Est
Montréal (QC) Canada  H2X 1L7

CONFÉRENCIER(E)S: Marie Langevin et Sylvain Lefèvre

Notre communication porte sur le philanthrocapitalisme, un espace où se redéfinissent les frontières du domaine de la bienfaisance et de la lucrativité. Certes, au sein des grandes fondations nord-américaines, les pratiques ont quitté depuis longtemps le monde de la charité religieuse traditionnelle, avec un objectif de créer dès le début du XXe siècle une « philanthropie scientifique », allant de pair avec la professionnalisation du travail social et l’appui plus large des sciences sociales. Mais dans les dernières décennies, c’est la finance, sous l’impulsion de l’«impact investing », qui devient un point d’appui crucial des stratégies philanthropiques des grandes fondations. Il s’agit désormais de générer des opportunités de croissance inclusive et produire un rendement dit « social ».

Nous présentons une analyse du cas de la Fondation MasterCard, plus grande fondation philanthropique do- miciliée au Canada, avec des actifs de plus de 10 milliards de dollars. Elle a été créée suite à la crise financière de 2008 par l’entreprise MasterCard. L’examen des programmes d’action de la Fondation axés sur l’inclusion financière en Afrique révèle une problématisation particulière des opportunités de croissance, de prospérité et de pauvreté et une instrumentation spécifique des solutions qui sont financées. La Fondation insuffle dans l’agriculture africaine des technologies digitales, de la monnaie électronique et des programmes de capaci- tation des personnes exclues. MasterCard convoite des rendements sociaux en privilégiant l’accès aux mar- chés financiers, essentiellement sur le mode de flux de crédit et accessoirement d’épargne formelle. Enfin, notons qu’elle le fait en finançant à la fois la formation d’étudiants africains dans des universités nord-amé- ricaines, mais aussi en appuyant des projets de recherche dans ces universités, en économie et en finance.

L’étude de ce cas spécifique nous permet de saisir l’action à la fois politique, écono- mique et scientifique d’un acteur qui se tient pourtant, par son statut de fondation philan- thropique et donc d’organisme de bienfaisance, à l’extérieur de ces trois champs d’activité.

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