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Salle C-2059
3150, rue Jean-Brillant
Montréal (QC) Canada  H3T 1N8

Conférence organisée par l’Institut d’études religieuses avec Sylvie Patron, maître de conférence à l’Université Paris Diderot.

Cette conférence s’inscrit dans la mouvance de l’histoire des théories linguistiques, telle qu’elle est conçue par ce qu’on appelle « l’école française », en lien étroit avec l’épistémologie, plus qu’avec l’historiographie pure et simple. Elle relève aussi d’une discipline ou d’un champ de recherche qui n’existe pas encore dans l’ensemble des disciplines littéraires, à savoir l’histoire et l’épistémologie des théories littéraires. Les deux disciplines partagent une condition commune qui est que les théories récentes y sont souvent victimes du même genre d’oubli que les théories anciennes, un oubli qui n’est pas nécessairement lié à leur falsification ou à leur englobement dans une théorie plus générale.

Dans cette conférence, les théories du narrateur (théorie de l’existence d’un narrateur fictionnel dans tous les récits de fiction ou pan-narrator theory, théorie ou théories du narrateur optionnel, optional-narrator theory or theories) seront replacées dans le cadre plus vaste de l’histoire des théories littéraires et des relations complexes qu’elle entretient avec la linguistique. La première partie proposera une brève chronologie de la question du narrateur et de l’énonciation narrative à l’époque moderne. Celle-ci sera commentée plus amplement dans les parties suivantes. L’objectif est de lever le voile sur un certain nombre d’idées reçues, par exemple l’idée que la théorie narrative aurait acquis un statut scientifique (sous le nom de narratologie) avec la reconnaissance de l’existence d’un narrateur fictionnel dans tous les récits de fiction. On montrera au contraire les amalgames et les erreurs commis par les narratologues dans la présentation du concept de narrateur ou des concepts connexes et associés. On constatera aussi le présentisme général de la théorie narrative. Savoir, par exemple, qu’une théorie cohérente de la narration (du narrateur et de l’énonciation narrative) était disponible dès 1804 n’importe guère aux narratologues classiques et contemporains, pas plus qu’aux représentants contemporains des théories du narrateur optionnel.

Dans l’ensemble, cette conférence voudrait montrer deux choses : premièrement, qu’une interprétation historique erronée ou incomplète, ou une simple ignorance, peuvent avoir des effets en cascade sur la recherche et aboutir à une mauvaise orientation ; deuxièmement, que la réversibilité est possible : on verra ainsi que des états passés et oubliés, voire volontairement ignorés de la discipline peuvent retrouver dans l’actualité une pertinence qu’ils n’avaient plus.

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